Depuis que la Commission européenne a consacré une direction et un commissaire à la santé et à la protection des consommateurs (DG SANCO) au début de ce siècle, la lutte contre le tabagisme et le tabagisme a été au sommet ou presque de ses priorités. Lorsque le premier commissaire spécifique, David Byrne, a tenu une consultation sur les éléments d'une stratégie de santé, il est devenu évident que le renforcement de la législation existante serait une priorité constante. Pourquoi?
Par Clive Aiguille
Comme le dit la CE, la consommation de tabac est le plus grand risque sanitaire évitable dans l'Union européenne. C'est la cause la plus importante de décès prématuré dans l'UE, responsable de près de 700,000 50 décès chaque année. Environ 14 % des fumeurs meurent prématurément (en moyenne XNUMX ans plus tôt). De plus, les fumeurs ont plus d'années de vie en mauvaise santé. De nombreuses formes de cancer, de maladies cardiovasculaires et respiratoires sont liées au tabagisme, qui cause plus de problèmes que l'alcool, les drogues, l'hypertension artérielle, l'excès de poids ou l'hypercholestérolémie.


La directive révisée sur les produits du tabac régissant la fabrication, la présentation et la vente du tabac et des produits connexes a été officiellement adoptée par le Conseil le 14 mars 2014, après son approbation formelle par le Parlement européen le 26 février 2014. Cette nouvelle directive vise à améliorer le fonctionnement des le marché intérieur du tabac et des produits connexes, tout en garantissant un niveau élevé de protection de la santé des citoyens européens.

En particulier, la nouvelle directive :
- interdit les cigarettes et le tabac à rouler aux arômes caractérisants,
- oblige l'industrie du tabac à soumettre aux États membres des rapports détaillés sur les ingrédients utilisés dans les produits du tabac, en particulier les cigarettes et le tabac à rouler,
- exige que des mises en garde sanitaires apparaissent sur les emballages de tabac et de produits apparentés. Les mises en garde sanitaires combinées (image et texte) doivent couvrir 65 % du recto et du verso des paquets de cigarettes et de tabac à rouler,
- fixe des dimensions minimales pour les avertissements et supprime les petits emballages pour certains produits du tabac,
- interdit tous les éléments promotionnels et trompeurs sur les produits du tabac,
- introduit le suivi et le traçage à l'échelle de l'UE pour lutter contre le commerce illicite des produits du tabac,
- autorise les États membres à interdire la vente sur Internet de tabac et de produits connexes,
- fixe des exigences de sécurité et de qualité pour les cigarettes électroniques grand public,
- oblige les fabricants à notifier les nouveaux produits du tabac avant de les mettre sur le marché de l'UE.

Cette directive révisée intervient alors que l’OMS Europe s’efforce également d’accélérer les progrès en matière de prévention des maladies non transmissibles (MNT). EuroHealthNet a participé aux négociations intergouvernementales de la Déclaration d’Achgabat en 2013, qui prévoyait des avancées vers une Europe sans tabac, un objectif que nous soutenons pleinement et pour lequel nous œuvrerons. Plus d’informations sont disponibles ici.
Surtout, un rapport sur l'état de la lutte antitabac publié à l'époque a révélé que, pour atteindre l'objectif mondial d'une réduction relative de 30 % de l'usage du tabac d'ici 2025, de nombreux États européens doivent accélérer les progrès, car la plupart sont loin d'une mise en œuvre complète ou de prendre un une approche compréhensive.

Enfin, à titre personnel, en tant que personne engagée dans la lutte contre le tabagisme depuis près de vingt ans, j'exprime mon respect et mon admiration pour les experts et les décideurs politiques qui ont dû subir des pressions inacceptables à chaque étape de la réalisation de l'objectif admirable d'éliminer de nos sociétés un produit (malheureusement) légal qui tue. La publicité et le parrainage du tabac à la télévision sont interdits depuis 1989 par la directive « Télévision sans frontières » (89/552/CEE). J'ai personnellement constaté les difficultés rencontrées par tout décideur politique soutenant ces mesures lors de l'élaboration de nouvelles législations et j'ai participé aux progrès réalisés progressivement en matière d'environnements sans fumée, qui bénéficient désormais du soutien de l'UE et de mesures importantes mises en œuvre dans la plupart des États membres.
Une grande partie de la collecte et de l'assemblage minutieux des preuves est rendue plus difficile par l'écran de fumée (jeu de mots) qui est mis dans le processus de prise de décision, non pas par une seule industrie comme on le prétend souvent, mais par une collaboration d'intérêts acquis et ceux qui croient sincèrement qu'il devrait s'agir d'un droit individuel de choisir, même si des preuves accablantes continuent de s'accumuler du tort causé et, je dirais, du mythe du choix. Le fait que le site Web de la CE doive publier des faits ''Myth buster'' sur certains produits démontre la force des émotions, l'étendue de la désinformation et les limites des pouvoirs des États à agir seuls.

La santé publique a été trop lente en termes de politique pour s'adapter à des marchés en évolution rapide et doit tirer des enseignements pour assurer une évaluation et une information plus efficaces. L'adoption de la DPT nous donne à tous une meilleure base pour jouer notre rôle. Nous renforcerons notre rôle à la fois par le biais de la nouvelle promotion de la santé Europe et de la nouvelle plate-forme pour la santé et l'équité sociale que nous mettons en place en 2014, ainsi que la liaison que notre centre pour l'innovation, la recherche et la mise en œuvre a avec les projets de recherche actuels de l'UE en accumulant plus de preuves sur tabac et équité en santé. Nous accueillons les contributions proactives de tous les participants d'EuroHealthNet.

Aiguille de Clive
Clive conseille le conseil d'administration et le directeur général d'EuroHealthNet sur les politiques relatives à la santé pour toutes les activités et actions de l'UE sur les déterminants sociaux, économiques et environnementaux de l'équité et du bien-être. Il a été auparavant directeur général d'EuroHealthNet pendant treize ans et continue de travailler en soutien à l'OMS et à d'autres organisations et projets internationaux en Europe.
